nov 16

Visio : respecter la dynamique des groupes

Lu dans la Lettre de l’Atelier
Edition du 10 novembre 2010

La vidéocollaboration ? Oui, mais à condition de se voir”
Si les solutions de vidéoconférence entrouvrent aux entreprises des perspectives de diminution de coûts et de gain de temps, l’usage des salariés n’est pas à la hauteur des promesses. Analyse d’un des principaux freins.

Alors que les progrès technologiques de ces dernières années permettent aux entreprises de disposer de moyens de communications de plus en plus réalistes – comme la téléprésence et le partage de documents- et à des coûts moindres, l’usage reste modeste, notamment en France. C’est ce que nous révèle une étude menée par Ipsos en août dernier. Même si l’intérêt de la collaboration vidéo est très largement reconnu, les salariés français sont 54 % à déclarer  disposer de tels outils dans leur entreprise mais ne pas les utiliser. Et seuls 6 % de ceux interrogés affirment avoir recours à la vidéoconférence au moins une fois par semaine, contrairement au 15% des 11 autres pays interrogés. Pourtant, les spécialistes des télécoms assurent que la technologie est mature. Quels peuvent alors être les éléments à prendre en compte pour favoriser l’appropriation de ce procédé par les collaborateurs ?

« Les gens préfèrent se voir »
On cite souvent des freins tels que la capacité de l’utilisation de l’outil, le besoin d’exemplarité de la part des managers, la crainte d’être surveillé… Freins qui pourront être pris en compte par une communication adéquate et une formation suivie et personnalisée. Pourtant, in fine, pour expliquer les obstacles, on conclut souvent par « les gens préfèrent se voir ». Pourquoi ? Parce que la formation d’un groupe, et donc d’une équipe de travail, s’effectue en plusieurs étapes : il y a d’abord la phase de constitution, durant laquelle les individus font connaissance les uns avec les autres. Puis vient celle de tumulte, caractérisée par la formation des règles de l’équipe. Viennent ensuite des étapes beaucoup plus structurées, si les deux premières se sont bien déroulées, à savoir : la cohésion, qui est une phase d’entraide, le rendement, durant laquelle les tâches sont exécutées et finalement la dissolution du groupe.

Considérer la constitution du socle du groupe
Les deux premières phases, la constitution et le tumulte, sont les phases durant lesquelles vont se construire le socle du groupe. En effet, chacun va se positionner dans le groupe en prenant en compte de très nombreux paramètres : les contraintes externes au groupe (objectifs, délais, moyens alloués, jeux politiques…) et les contraintes internes au groupe (personnalités, statuts…). Or, de nombreuses contraintes sont tacites, comme les jeux politiques, les objectifs individuels, les recherches d’alliances, la compatibilité des styles de travail… Lorsqu’il arrive dans un nouveau groupe de travail, c’est l’ensemble de ces paramètres que l’individu évalue. Et une bonne part de ces paramètres s’exprime par des attitudes non verbales ou des discussions informelles, que la vidéocollaboration va mettre difficilement en valeur. Paradoxalement, pour favoriser l’appropriation de type de technologie, il semble du coup utile de tenir compte du besoin spontané des réunions physiques, du moins au début des projets.

nov 16

En Inde, on croit à l’internet des objets….

Lu dans la Lettre de l’Atelier
Edition du 10 novembre 2010

L’informatique ubiquitaire a besoin d’homogénéisation
Le succès des objets connectés dépendra de la capacité des acteurs à collaborer pour offrir des services accessibles à tous, et peu onéreux.

Pour assurer dans les années à venir le développement de l’Internet des objets, il faut veiller à rassembler les différents acteurs de ce secteur émergent, affirme dans un rapport* Jaydip Sen, chercheur au laboratoire TCS des innovations technologiques de Kolkata, en Inde. Le scientifique aborde en particulier la notion d’informatique ubiquitaire (« ubiquitous computing », en anglais) pour désigner la montée en puissance des objets connectés, et la mise en place d’un environnement sensible et réactif. Plusieurs tendances se dessineront, selon lui. Le secteur global sera décentralisé, ce qui avantagera les petites et moyennes entreprises. En particulier les plus innovantes et les plus flexibles d’entre elles, qui pourront ainsi se démarquer dans le domaine de l’informatique ubiquitaire.

Assurer un équilibre entre PME et grandes entreprises
Mais les grandes structures professionnelles seront mieux positionnées pour effectuer d’importants investissements. Et cela pourrait leur permettre d’établir des standards à leur avantage. Aussi est-il important que les autorités prennent des mesures pour assurer un équilibre entre les sociétés, en terme d’opportunités professionnelles, selon le chercheur. Par ailleurs, le scientifique revient sur les technologies se trouvant à la base de l’informatique ubiquitaire : de celles qui permettent la géolocalisation à celles qui stockent ou transmettent les données, en passant par les capteurs, les batteries, ou encore les systèmes de sécurité. Là encore, les acteurs doivent collaborer, pour renforcer l’interopérabilité des appareils et l’accessibilité des services.

Le développement de l’informatique ubiquitaire inévitable
Selon lui, le risque autrement est de voir la société se diviser en deux groupes : les participants à l’informatique ubiquitaire d’une part, et les non participants d’autre part, exclus de fait. Aussi est-il essentiel de développer des infrastructures et des services accessibles à tous et peu coûteux. Pour le chercheur, si cette condition est respectée, le succès de l’informatique ubiquitaire – qui combine en fait environnement physique et infrastructures IT dans un habitat intégré – est inévitable. « Cet habitat facilitera la prolifération de centaines de milliers d’appareils informatiques et de capteurs qui offriront des services spécialisés, et renforceront la productivité et l’interaction », anticipe le spécialiste.