Lu dans le Journal de l’Innovation
20 janvier 2010
Les « Nanos » : Une question de société
Le développement et la régulation des nanotechnologies fait l’objet d’un débat national depuis le 15 octobre. © P. Stoppa /CEA
Après des débats perturbés à Lille, Grenoble, Rennes et Lyon , la 13ème réunion du Débat public sur les nanotechnologies, s’est tenue hier soir à Marseille par écrans interposés. Initialement dédiée à la défense nationale et la sécurité intérieure, la séance a évoqué les questions de gouvernance, d’éthique et du rapport entre science et société.
Quelques jours après le retrait de l’association les Amis de la Terre (1) du débat national sur le développement et la régulation des nanotechnologies, la rencontre marseillaise, 13ème réunion du débat public sur les nanotechnologies, hier soir, sur les questions de défense nationale et de sécurité intérieure, a également permis de soulever des questions relatives à la gouvernance, à l’éthique, à l’information et la protection des citoyens et au rapport entre science et société.
Quelle gouvernance ?
Pour Jacques Dallest, procureur de la République de Marseille, « toute science est porteuse de dérives. Les inquiétudes soulevées, qu’elles relèvent de la toxicité ou des libertés individuelles, posent la question de la finalité des développements scientifiques et technologiques. La miniaturisation des instruments de surveillance, par exemple, est une dérive potentielle qui mérite l’attention du législateur et des citoyens. » « Chaque champs disciplinaire dont les recherches peuvent inclure des nanotechnologies est actuellement encadré par des réglementations, contrôlé par la représentation nationale et soumis à un comité d’éthique » rappelle Robert Ranquet, ingénieur général de l’armement.
Des prises de position argumentées
Face aux inquiétudes concernant la toxicité des « nano » pour les consommateurs, les travailleurs et l’environnement, mais aussi concernant les libertés des citoyens, la Commission nationale du débat public, chargée, par le gouvernement et en application des engagements du Grenelle de l’environnement, d’organiser le débat, tente d’éclairer le public. Quarante quatre « cahiers d’acteurs », qui sont des prises de position argumentées et rédigées par des organismes publiques, des organisations salariales, patronales et professionnelles, ainsi que par des représentants de la société civile, sont disponibles sur un site dédié (www.debatpublic-nano.org). A l’issue des 17 réunions publiques (jusqu’au 23 février), la Commission rendra compte de ses activités dans un rapport au Parlement prévu pour le printemps 2010, avant l’avis du gouvernement.
20 janvier 2010, Elsa Bellanger
(1) Dans un communiqué du 13 janvier les Amis de la Terre estiment que « les réunions publiques organisées par thème dans différentes villes, orientent les débats dans un rôle de faire valoir des activités locales sur les nanotechnologies et occultent la vision des enjeux globaux et des finalités qu’elles posent. » Pour Claude Bascompte, Président des Amis de la Terre : « A partir du moment où les questions de l’intérêt et de l’utilité sociale des nanotechnologies ne peuvent être abordés, le débat ne peut que tourner court. »