Lu dans la Lettre de l’Atelier
Publié le 29 Septembre 2009
Le papier électronique bousculera le modèle d’affaires de la presse
En conjuguant contenu statique et dynamique, l’e-paper s’impose de plus en plus comme un support journalistique de choix. Mais il pose la question du contrôle de la distribution de l’information.
« Le support papier, malgré ses avantages, n’offre pas à l’heure actuelle les avantages d’interactivité et de personnalisation des médias numériques », explique Philippe Torres, directeur des études et du conseil à L’Atelier. Une théorie partagée par une équipe des universités d’Halmstad et Gothenburg : celle-ci attire l’attention dans une étude* sur le potentiel qu’offrirait un support pliable, comme le papier électronique. Celui-ci étant capable de proposer du contenu statique (textes, photos) ou dynamique (vidéos) et étant personnalisable. Et donc de prendre en compte le contexte de la lecture. Mais cette perspective d’un e-journal à la fois physique et numérique remet en cause le business model de la presse. Pourquoi ? Selon l’étude, c’est tout le contrôle de la distribution de l’information qui se joue derrière cette redéfinition.
Qui contrôlera la distribution de l’information ?
La presse a dès le début intégré le numérique dans le processus d’élaboration de contenu. « Plus personne n’envisage de faire un journal sans l’apport du numérique », explique Philippe Torres. « C’est pour les processus de distribution, que la question se pose désormais ». La co-existence de la presse papier avec une presse en ligne ou sur mobile implique déjà la présence de dynamiques et de partenaires à chaque fois différents. Avec l’e-journal, d’autres vont entrer en jeu. Les fournisseurs d’appareils capables d’accueillir ce contenu par exemple. « Celui qui aura le contrôle d’un tel ‘média universel’ aura une influence certaine sur le business model de la presse », affirme le directeur des études et du conseil.
Une transition qui sera longue
Les années qui vont venir avant de voir apparaître un tel média seront donc clés. Pour Philippe Torres, les grands groupes de médias en sont bien conscients. Mais l’étude pointe des mouvements contradictoires en leur sein même. D’un côté ils cherchent à mobiliser de nouveaux partenaires et à intégrer les innovations liées au numérique. De l’autre, il y a le souci de stabiliser sa position et une certaine résistance au changement. « La transition prendra du temps », assure Philippe Torres. « Et elle viendra probablement de l’extérieur ». Les différentes initiatives que l’on observe en ce moment – l’arrivée de Bakchich sur papier, les maquettes redéfinissant la répartition des contenus entre papier et web… – étant à son avis le signe d’une réaction saine au phénomène. « Les journaux expérimentent, ce genre d’initiatives va proliférer », prédit Philippe Torres.
* Digital Innovation In The Value Networks Of Newspapers fait suite à des travaux réalisés dans le cadre du projet européen DigiNews
Le Centre Suisse d’Electronique et de Microtechnique (CSEM) de Neuchâtel conçoit des micro-robots de haute précision, capables d’intervenir à très grande vitesse sur des pièces d’une dimension inférieure à 1 micromètre (0,000 001 mètre). Le PocketDelta Robot est le plus petit de tous : il mesure à peine quelques centimètres de haut. Ses applications possibles sont nombreuses dans les travaux d’opto-électronique (fibres optiques), l’assemblage de pièces d’horlogerie, ou la médecine
Robots très rapides
« Quattro » est le robot le plus rapide du monde. Ses quatre bras manipulateurs lui permettent en effet de saisir et de ranger 240 objets par minute. Conçu par des chercheurs du Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Micro-électronique de Montpellier (LIRMM) et de la Fondation espagnole Fatronik, il est fabriqué et commercialisé par la société de robotique californienne Adept. Vendu entre 30 000 et 50 000 euros, ce robot, spécialement conçu pour les chaînes industrielles de très haute cadence, intéresse fortement les industries agro-alimentaires et cosmétiques.
La Commission fédérale des communications (FCC) doit détailler lundi une série de principes garantissant la neutralité des réseaux.
A l’inverse de la France et de l’Europe, où le débat politique sur le sujet est toujours virulent, l’administration américaine s’apprête à annoncer lundi un ensemble de règles garantissant la « neutralité des réseaux » d’accès à l’internet, un principe qui veut que tous les fournisseurs de contenu soient traités de la même façon.
La neutralité du Net est un sujet crucial quant au fonctionnement du réseau: elle implique que les propriétaires des « tuyaux » ne peuvent pas trier les services et sites entre eux, privilégiant ce qu’ils veulent.
Le président de la Commission fédérale des communications (FCC), Julius Genachowski, devrait préciser ces règles dans un discours devant le centre de réflexion Brookings Institution à Washington. Il « proclamera son soutien à un internet libre et ouvert », a indiqué la FCC.
D’après le Wall Street Journal et d’autres quotidiens, M. Genachowski dévoilera des règles visant à empêcher les fournisseurs d’accès à l’internet de bloquer ou de ralentir la transmission de certaines données.
Pendant sa campagne présidentielle, Barack Obama s’est vigoureusement prononcé en faveur de la neutralité des réseaux, qui est défendue par des géants du net comme Google ou Amazon et par les associations de défense des consommateurs. Elle est en revanche combattue par les opérateurs de télécommunications comme AT&T, Verizon et Comcast.
Selon le Wall Street Journal, le patron de la FCC devrait proposer que les règles interdisant de bloquer ou de ralentir le flux de données s’appliquent aussi aux opérateurs de téléphonie mobile,.
Les fournisseurs d’accès ont par le passé rejeté une réglementation en ce sens, dénonçant une ingérence de l’Etat dans les réseaux et leur gestion du trafic.
Le Congrès américain s’est aussi saisi du dossier et la Chambre des représentants devrait prochainement être saisie d’un projet de loi sur la neutralité des réseaux.
Lu dans la Lettre de l’Atelier
Publié le 14 Septembre 2009
Pour les non voyants, les lieux s’explorent d’abord en 3D
L’université de Tel Aviv propose aux aveugles de se familiariser avec un lieu inconnu en le découvrant dans sa version virtuelle. Un joystick fait office de canne blanche et réagit lors de la proximité d’obstacles.
Pour faciliter le déplacement des personnes non voyantes dans des lieux inconnus, l’université de Tel Aviv a mis au point un environnement virtuel. Celui-ci utilise le sens du toucher pour permettre à l’utilisateur de se constituer en amont une carte mentale de l’endroit. Le système est basé sur des cartes 3D du monde réel. L’individu s’y connecte via un joystick qui lui sert d’intermédiaire. En naviguant à travers le monde virtuel, l’utilisateur sent une tension entre ses doigts lorsqu’il rencontre des obstacles : murs, barrières… Il sera ainsi possible aux aveugles de sentir les rues, les trottoirs et les allées en déplaçant le joystick comme s’il s’agissait d’une canne blanche.
Elaborer une carte mentale des lieux
Le système émettra également des sons, à l’approche d’un café par exemple. « Cela permettra de se repérer dans des lieux qu’on ne connaît pas », confirme à l’Atelier Fernando Pinto-Dasilva, président de la commission Nouvelles Technologies de la Cnpsaa*. Mais il modère : « pour l’environnement urbain, les applications existent déjà », explique-t-il. »Il faudrait que ces logiciels s’orientent vers une cartographie des bâtiments ». Permettant par exemple de savoir comment les salles sont organisées dans un musée, ou pour proposer à un jeune de repérer à l’avance le lycée ou l’école dans lequel il se rendra tous les jours.
Le cap difficile de l’industrialisation
Il met également en garde contre un excès d’enthousiasme : « des systèmes miraculeux, il y en a eu beaucoup. Mais pour que ça devienne intéressant, il faut passer le cap de l’industrialisation ». Transposer une technique éprouvée en laboratoire sur un appareil mobile demande de faire face à de nombreuses contraintes. Les objets embarqués doivent être simples d’utilisation et aussi peu encombrants que possible : »Les malvoyants veulent avoir une vie simple et des appareils fonctionnels et discrets ». Autre problème, le logiciel israélien s’adresse clairement à des non-voyants. Les malvoyants préfèreront plutôt des systèmes compensant leur handicap. Ce qui réduit d’autant le marché. « En France il n’y a que 200 000 aveugles pour presque 2 millions de malvoyants », confirme Fernando Pinto-Dasilva.
*Comité Nationale pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes
Lu dans la Lettre de l’Atelier
Publié le 10 Septembre 2009
iCub : un bébé-robot capable d’apprendre
Comme un humain, l’androïde est doté de capacités d’apprentissage, qu’il développe chaque jour grâce à ses éducateurs. A long terme, il saura par exemple aider les personnes âgées.
Ce robot humanoïde suit les mouvements de la tête, observe, analyse son propre corps et son environnement. Il sait parler, échanger, répondre, anticiper et même toucher grâce à des capteurs sensibles placés aux bouts de ses doigts. Résultat de cinq ans de recherche, iCub est actuellement « en apprentissage » au laboratoire de l’Inserm à Lyon, où son intelligence évoluera de celle d’un bébé de 18 mois à celle d’un enfant de 3 ans. Peter Ford Dominey, directeur de recherche CNRS au sein d’un laboratoire Inserm, explique à L’Atelier comment faire en sorte qu’une machine puisse tant apprendre. « Notre démarche s’est inspirée de l’évolution des capacités chez les humains, précise-t-il. Nous collaborons notamment avec les chercheurs qui étudient la psychologie du développement chez les enfants. Cela permet d’avoir un projet de travail ».
Evoluer en observant les humains
Il existe plusieurs scénarios où iCub apprend en interaction avec les humains. Dans le premier, le robot doit aider à assembler une table type IKEA. D’abord, il observe ce que font les autres et exécute leurs ordres. Ensuite, il anticipe les commandes souhaitées pour, enfin, prendre des initiatives. Par exemple, proposer de tenir la table. Dans le deuxième scénario, le robot apprend en regardant les autres. Il observe l’action avec ses caméras, décortique qui fait quoi, puis construit le plan de l’action. Il apprend par la suite les séquences réalisées pour se les approprier et les répéter lui-même.
Intégrer la vie de tous les jours
Selon les chercheurs, ce qui manque aujourd’hui, c’est la notion de but. « Le robot exerce des actions automatiquement, sans réfléchir et sans se poser de questions, affirme Peter Ford Dominey. Le but est de le rendre conscient de la finalité de ses actions ». Car ayant la notion du résultat, iCub pourra réfléchir à la solution pour l’atteindre. Autre axe d’action : développer ses compétences linguistiques, pour une meilleure interaction avec son environnement. A long terme, un robot capable d’apprendre par observation se rendra utile au quotidien. Par exemple, pour aider les personnes âgées ou accompagner les enfants autistes. Ce projet a été financé par des programmes européens RobotCub et CHRIS.
Le futur des interactions homme-machine naît dans les hôpitaux
Les avancées technologiques à usage médical sont nombreuses. Développées pour répondre à des besoins très particuliers, elles finissent souvent par être utilisées à des fins tout autres par le grand public.
Avec le militaire, le secteur médical est souvent présenté comme l’un des plus dynamiques en termes d’innovations technologiques. Bon nombre des avancées technologiques qui y sont développées trouvent une application grand public quelques années plus tard. Ce fut le cas par exemple de la reconnaissance vocale, d’abord destinée à des patients incapables d’utiliser un clavier : elle équipe aujourd’hui de nombreux téléphones mobiles, ainsi qu’une multitude de services téléphoniques. Pour en arriver là, il a fallu passer de la confidentialité des laboratoires de recherche à une industrialisation plus massive. Interrogé par l’Atelier, une porte-parole de l’Inserm* dévoile les projets en cours. Elle explique que l’institut travaille actuellement à un système qui permettra de faire fonctionner un ordinateur par la pensée.
Des projets ambitieux
Le projet, baptisé OpenVIBE, est un logiciel qui traite les signaux électriques liés à l’activité cérébrale pour les traduire en commandes pour des machines. On imagine sans peine les possibilités offertes par un tel système dans la vie courante. L’Inserm travaille également à un projet de robot capable d’apprendre, qui pourra apporter un soutien aux personnes âgées ou handicapées. D’autres innovations commencent à pénétrer les hôpitaux. « Actuellement, on se dirige de plus en plus vers la miniaturisation des techniques médicales, explique à l’Atelier Martine Decouvelaere, Présidente de l’Association Française des Ingénieurs Biomédicaux. « Dans 10 ou 15 ans, on verra apparaître des micro ou des nano-capteurs capable d’apporter un suivi médical quotidien de manière plus fine et continue que ce qui se fait actuellement avec des électrodes ».
Le médical à la pointe de la technologie et de la sécurité
Si le domaine médical est tant à la pointe, c’est avant tout pour deux raisons. D’une part, c’est un secteur où la recherche est fortement soutenue, que ce soit par les institutions publiques ou au travers de financements privés. D’autre part, certains patients ont un besoin si marqué, qu’ils constituent un marché même lorsque les technologies utilisées sont encore à parfaire. Autre avantage pour le consommateur, les projets développés dans le cadre du domaine médical subissent une batterie de tests destinés à assurer leur sécurité. « La recherche est effectuée par des laboratoires technologiques, explique Martine Decouvelaere, mais ce sont les CHU qui assurent la recherche clinique ». Et les hôpitaux ne sont pas du genre à badiner avec les risques pris par leurs patients.
*Institut National de la Santé et la Recherche Médicale
Une nouvelle étude commandée par la Commission Européenne confirme ce que beaucoup concéderaient comme une évidence : les utilisateurs d’internet ne veulent pas payer pour les contenus. Point. Rien ne leur fera changer d’avis.
Le rapport trouve, en contradiction totale avec ce que l’industrie des contenus tente de faire croire depuis des années, que ce nouveau comportement de la part des consommateurs n’a aucun rapport avec le peer to peer et l’arrivée de systèmes permettant de télécharger toutes sortes de contenus copyrightés. En pratique, beaucoup de participants à l’étude affirment qu’ils ne paieraient pas pour du contenu en ligne, même s’il n’y avait plus aucun moyen de se procurer ce contenu gratuitement.
Cela a des implications radicales pour le futur de l’industrie des contenus, et pas seulement pour le secteur du divertissement. Si les consommateurs ne paient pas pour du contenus, comment cette industrie va-t-elle survivre ?
La réponse est simple, mais les solutions sont difficiles. Il est évident que de nouveaux modèles économiques sont indispensables pour l’industrie des contenus, mais à quoi ceux-ci devraient-ils ressembler ? Comment pourraient-ils fonctionner ? Personne ne le sait encore.
Qui paie, qui ne paie pas ?
Le rapport de la commission Européenne sur la compétitivité digitale (PDF) est publié annuellement. C’est une mine d’information qui parcours une multitude de sujet, du taux de pénétration du haut débit dans les foyers à l’usage des réseaux sociaux. L’un des chapitres du rapport, publié au début de ce mois, est consacré au secteur du divertissement en ligne.
Dans ce chapitre, le rapport révèle des chiffres intéressants, comme le fait que “moins de 5% des Européens ont payé pour des contenus en ligne ces trois derniers mois”, et que si l’on regarde du coté des plus jeunes, ce chiffre est trois fois plus faible. En d’autres termes, le fait de payer pour des contenus en ligne est d’autant plus rare que l’on est jeune. Il faut donc changer quelque chose, et vite (sachant qu’il est difficile de changer les jeunes, c’est plutôt du coté de l’industrie qu’il faut changer).
Le résultat le plus intéressant de l’étude n’est cependant pas de savoir qui paie, mais plutôt qui ne paie pas. Parmi ces derniers, les facteurs de décision comme les bas prix ne convaincraient que 30% d’entre eux de payer, alors que des éléments comme une meilleure qualité, un choix plus vaste, ou une disponibilité plus grande, n’en convaincrait que 15 à 20%. Un chiffre sort particulièrement du lot : seul 20% des internautes paieraient pour du contenu en ligne si toutes les options offrant la gratuité disparaissaient.
Le P2P n’est pas en cause selon la commission Européenne
L’impact de ces résultats n’a pas échappé aux chercheurs qui sont derrière cette étude, qui pointent du doigt le fait que de toutes évidences, le téléchargement illégal n’est pas en cause dans la déconvenue économique à laquelle fait face l’industrie des contenus.
“…le faible pourcentage des individus qui considèrent que l’absence possible d’alternative gratuite est une raison pour payer amène à se demander si l’argument mis en avant par l’industrie des contenus, qui consiste à dire que les consommateurs Européens, à long terme, souffriront d’un manque de contenus de bonne qualité disponible commercialement si la distribution de contenus illégalement téléchargé n’est pas stoppé, est biaisé”.
Ce qu’il semble se produire, au contraire, ce sont des consommateurs qui paient pour leur connexion internet et qui se gavent de contenus gratuits. Ceux-ci sont disponibles en abondance : information, vidéo en stream, logiciels, du coup, les internautes rechignent à l’idée de sortir leur portefeuille pour du contenu. C’est l’internet lui même qui est responsable de cet état de fait et qui à mené à ce mode de consommation où les modèles de monétisation d’antan ne fonctionnent plus du tout.
Quelle réponse ?
Le rapport de la commission Européenne passe également en revue les modèles économiques d’une multitude de sites de contenus, du site d’information aux sites proposant des vidéos, de la musique ou des jeux. Alors que la façon d’accéder au contenus sur ces sites varie (RSS, streaming, téléchargement…), les résultats de l’étude montrent qu’à quelques exceptions près (iTunes Store, Guitar Heroes, etc), la plupart des modèles économiques en place actuellement ne sont pas viables à long terme.
Quelles solutions pour l’avenir ? Pour l’instant, il n’y a pas de réponse. Beaucoup se penchent vers le modèle freemium, et tentent de convertir les utilisateurs les plus frénétiques en acheteurs, d’autres vers la publicité en ligne, mais les meilleures idées pour de nouveaux modèles économiques sont probablement à venir. La seule véritable question, en réalité, est de savoir si ces idées arriveront avant la disparition de l’industrie des contenus.
Dans l’année à venir, nous allons longuement explorer l’avenir de l’industrie des contenus, et du business des contenus en général, car il ne fait aucun doute que des solutions se feront jour. Encore convient-il de les mettre en valeur, de les financer, de les expérimenter, et d’éviter que les plus conservateurs parmi l’industrie des contenus ne les tuent dans l’œuf, à la manière dont Ford et Général Motors avaient tué, il y a bien longtemps, la voiture électrique.
Rendez-vous donc d’ici peu pour une série de rencontre, de barcamps et de conférences autour de la problématique des contenus en ligne.
Les systèmes de surveillance imitent les sens humains
En introduisant l’ouïe et la vue à des circuits électroniques, Brain Vision System rend la machine capable de réagir aux mêmes stimuli que l’homme.
Afin d’automatiser les processus de surveillance, Brain Vision System (BVS) propose de rendre les appareils électroniques capables de copier les sens humains. Il développe des circuits qui reproduisent l’ouïe et la vue pour détecter en temps réel des modifications de l’environnement. Intérêt : son dispositif traite, analyse et synthétise les informations recueillies en direct et sans traitement postérieur. Dans le cadre de la vue, les créateurs de l’outil parlent de « vision intelligente ». « C’est-à-dire que le système ne se met à enregistrer que lorsqu’il note une modification dans trois catégories d’événements », explique à L’Atelier Frédéric Thierry, responsable du développement des nouveaux produits chez BVS.
Une solution visuelle…
La solution réagit aux variations de couleur (luminosité, saturation…), aux mouvements (vitesses de déplacement etc.) et aux structures contenues dans l’image (lignes verticales, horizontales…). Les informations recueillies sont ensuite transmises via Ethernet ou USB vers un serveur client directement en fichier MPEG 4 depuis n’importe quelle caméra. Des applications ont été développées à la demande de clients dans les domaines de la sécurité routière. Par exemple en favorisant le comptage des voitures sur la route. Ou grâce à la détection des structures, pour automatiser les alertes en cas d’embardées de véhicules. Les caméras pouvant analyser quand celles-ci sortent de la route.
… et auditive
Pour l’ouïe, l’entreprise à mis au point une cochlée (partie de l’oreille considéré comme l’organe de l’audition) qui est capable de séparer le bruit du son utile (par exemple le brouhaha des dialogues). Ce qui ouvre des perspectives dans la surveillance audio de lieux très fréquentés. « Les sens sont particulièrement important dans la communication dont une grande partie est non verbale », ajoute Frédéric Thierry. A l’occasion du SERI qui se tient du 3 au 5 juin, BVS présente notamment Psikharpax : un robot équipé de systèmes sensoriels identiques à ceux du rat. Ce, afin de prouver l’efficacité de sa solution.
Lu dans la Lettre de l’Atelier Publié le 09 Septembre 2009
Le PC qui lit sur les lèvres devient polyglotte
Une nouvelle méthode de lecture labiale informatisée
comprend différentes langues. Elle a plusieurs buts, notamment améliorer les
outils de surveillance vidéo et créer un traducteur pour personnes
malentendantes.
Les chercheurs à l’Université d’East Anglia en Angleterre
ont déjà travaillé sur des logiciels qui déchiffrent
les propos sans entendre la voix. Ce projet de lecture labiale ayant
avancé, le système est désormais capable de reconnaître et de comprendre
plusieurs langues. Conçu par un groupe de vingt-trois spécialistes bilingues ou
trilingues, il identifie avec précision quelle langue parle une personne. Neuf
langues sont aujourd’hui reconnues: anglais, français, allemand, arabe,
mandarin, cantonais, italien, polonais et russe.
Comprendre la physiologie de la parole
« Nous avons constaté que les gens parlant des langues
différentes faisaient des mouvement de lèvres différents, explique Stephen Cox,
responsable du projet. Par exemple, les francophones ont tendance à arrondir la
bouche, alors que chez les arabophones, ce sont les mouvements de langues
qui prédominent ». Pour reproduire plus fidèlement la réalité, les
chercheurs cherchent à répondre à plusieurs questions : quelle est la relation
entre le mouvement facial et l’intonation ? Comment la langue parlée, la pose
de la personne et le contexte du discours influent-ils sur la reconnaissance
labiale ?
S’adapter à la manière de parler des individus
La prochaine étape dans le développement du projet sera de
rendre le système capable de s’adapter à la physiologie individuelle et à la
manière de parler de chacun. Le but étant de développer des outils et des
techniques qui permettent le déchiffrage automatique des propos des personnes
filmées. L’invention pourra trouver ses usages auprès des personnes
malentendantes, mais aussi des services de police et de l’armée.
Des interfaces logicielles ajustées selon nos réactions inconscientes
Les logiciels devraient, dès leur conception, prendre en compte les processus inconscients de l’utilisateur. Cela permettrait une baisse des dépenses de formation et une amélioration de la productivité.
Tout le monde s’est déjà retrouvé à appuyer compulsivement sur le bouton « rafraîchir » de sa boîte mail dans l’attente d’un courrier important. Et cela en sachant pertinemment qu’elle est programmée pour signaler automatiquement l’arrivée de tout nouvel e-mail. Ce phénomène est la preuve, parmi d’autres, de l’importance des processus inconscients dans notre relation aux ordinateurs. Une étude de l’American InterContinental University de Londres analyse l’impact de ces processus et propose quelques solutions pour mieux y adapter les interfaces logicielles. Son auteur y explique qu’il existe deux modes d’apprentissage. Le mode explicite, qui agit comme une attention consciente et sélective envers un problème, et le mode implicite, où le processus d’apprentissage est plus inconscient et empirique.
Des mauvaises habitudes dont il difficile de se départir
Les logiciels conditionnent leurs utilisateurs à l’aide de stimuli. Si un utilisateur échoue à suivre les séquences comme elles ont été prévues, ils sont punis par l’apparition d’une « erreur système », un bug ou un plantage machine. Ce qui signifie souvent une perte de données et du travail supplémentaire. Logiquement, les utilisateurs adaptent leur comportement à ces stimuli. Ils peuvent ainsi prendre de mauvaises habitudes dont il est très difficile et coûteux de se défaire. Souvent, cela nécessite une aide professionnelle pouvant aller jusqu’à une courte psychothérapie. Les auteurs suggèrent qu’il serait plus simple d’accroître la perception des utilisateurs de leurs propres expériences inconscientes au contact d’un logiciel. Cependant cela pourrait ne pas suffire.
Intégrer l’inconscient dès l’élaboration des logiciels
Pour rompre ce cercle vicieux pouvant mener à une perte de productivité et à des situations de stress et d’épuisement moral, l’auteur suggère que les logiciels doivent mieux s’adapter aux processus inconscients. Lorsqu’ils travaillent à la conception d’un logiciel, les développeurs s’intéressent à deux choses : l’aisance d’utilisation, et l’utilité perçue du logiciel. Actuellement, ces deux concepts sont évalués à l’aide de questionnaires et de panels. L’auteur de l’étude explique que ces deux concepts sont en fait en partie liés à l’inconscient. De plus, un sentiment d’insatisfaction vis-à-vis d’une technologie peut ne pas être consciemment perçu par son utilisateur. Le chercheur suggère donc d’ajouter aux techniques d’évaluation l’étude des réponses non verbales et l’analyse faciale de l’utilisateur.
Lu dans la Lettre de L’Atelier Publié le 08 Septembre 2009
Le cloud computing gagne l’univers du mobile
L’usage des applications mobiles dans les nuages se généralise. Elles domineront le marché d’ici quelques années.
Les applications mobiles passent aux nuages. Selon une étude d’ABI Research, leur nombre passera de 40 millions en 2008 à un milliard en 2014. Selon les chercheurs, plus de la moitié des utilisateurs – et pas seulement les possesseurs de smartphones – se serviront d’applications mobiles en ligne en 2014. « Vers cette date, les applications mobiles dans les nuages seront les plus répandues sur le marché, explique Marc Beccue, analyste chez ABI Research. Elles supplanteront les applications téléchargeables ou installées par défaut ».
Une possibilité de faire des économies
Des exemples du cloud computing mobile réussi existent déjà. Schlage a lancé LiNK, un système de sécurité domotique, qui permet de contrôler non seulement la fermeture des portes, mais aussi la climatisation, les caméras de sécurité et les interrupteurs. Le tout via son PC ou téléphone portable. Pour Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur à l’Université de Caen, il est évident que le marché est prometteur. D’un côté, l’entreprise est susceptible de réaliser des économies au niveau de la gestion de sauvegarde de données en « dématérialisant » les serveurs. De l’autre, elle peut réduire les dépenses liées à l’évolution du logiciel lui-même. « Grâce aux nuages, on n’a pas à acheter une nouvelle version du logiciel, explique-t-il à L’Atelier. Et il n’est plus nécessaire de former le personnel à chaque nouvel outil ou version ».
Les prestataires de nuages sont-ils digne de confiance?
Pourtant, le passage aux nuages a potentiellement des conséquences indésirables. Par exemple, il peut provoquer des changements radicaux pour les travailleurs. Le débat est le même que pour le télétravail. » Si l’on oblige les gens à être disponibles à n’importe quel moment, la question de la séparation de la vie privée et la vie professionnelle se posera encore davantage ». Enfin, si les services dans les nuages permettent de réaliser des économies, ils peuvent aussi générer une dépendance à des serveurs externes. « Aujourd’hui, il n’existe pas encore de législation précise concernant les activités des prestataires de nuages, conclut Hervé Le Crosnier. Ce qui veut dire qu’ils n’ont pas d’obligations face aux données.
Voilà maintenant près de 5 ans que l’on parle du web 2.0 (ce terme a pour la première fois été utilisé en 2004 lors du Web 2.0 Summit) et depuis le grand jeu a été de savoir quand arrivera la prochaine itération. Pour faire simple disons que le web 2 .0 était le terme utilisé dans les années 2006/2007 pour décrire un changement majeur dans les usages de l’internet (voir ma dernière définition en date). Ce dernier repose sur deux notions fondamentales: l’intelligence collective, le web comme une plateforme (pour les utilisateurs et les services). Maintenant ce terme est passé de mode et l’on emploie plus volontiers celui de médias sociaux qui sonne moins “informatique” à l’oreille. J’ai également eu l’occasion de faire un panorama des différents services associés aux médias sociaux ainsi que de donner une définition.
L’étape suivante a logiquement été d’anticiper le web 3.0 (dont j’ai également tenté de donner une définition en 2006) qui repose sur le concept de web sémantique avec le découpage suivant qui est communément admis :
Web 1.0 = plateforme pour les documents
Web 2.0 = plateforme pour les individus
Web 3.0 = plateforme pour les données
A la vue du chantier titanesque que représente la re-sémantisation du web (nous parlons d’un horizon à 5 ou 10 ans) et des avancées dans d’autres domaines, Tim O’Reilly et John Battelle ont proposé une appellation intermédiaire lors du dernier Web 2.0 Summit : Web Squared: Web 2.0’s Successor?
L’idée étant de regrouper différentes avancées majeures derrière un terme unique pour pouvoir capitaliser dessus et évangéliser le marché. D’où la nouvelle notion de Web² (Web au carré, “Web Squared” en anglais) qui étend la portée du web 2.0 au-delà de la frontière des ordinateurs et des utilisateurs pour lui trouver des domaines d’application dans le monde réel, comprenez par là le terrain.
Le Web² est donc présenté comme un complément du Web 2.0, une forme de maturation qui va tranquillement nous mener vers la prochaine itération majeure (le fameux Web 3.0 dont les contours sont encore flous). Plusieurs notions fondamentales sont citées dans ce schéma que je vais essayer de vulgariser.
Implied Metadata : des métadonnées générées automatiquement et des systèmes auto-apprenants
Le web est aujourd’hui une véritable mine d’or d’informations. A tel point que le commun du mortel est confronté au problème d’infobésité : une surabondance d’informations qui perturbe la recherche d’informations à valeur ajoutée. Pour nous aider dans cette tâche de traitement de cette masse colossale d’informations, nous avons besoin de métadonnées (des données qui décrivent les données). Prenons l’exemple d’une photo de la Tour Eiffel, n’importe qui saura que cette photo a été prise à Paris, n’importe quel utilisateur humain mais pas les machines ! Pour qu’un service ou un agent intelligent puisse savoir que telle photo représente la Tour Eiffel et qu’elle a été prise à Paris, il faut lui préciser. Oui mais voilà, c’est un travail laborieux. Heureusement sont apparus des appareils photo numériques capables d’associer tout un tas de données aux photos comme par exemple les coordonnées GPS ou le modèle de l’appareil. Ces données ne sont pas directement accessibles à l’utilisateur mais elles sont disponibles pour qui veut bien se donner la peine de les chercher.
Ce type de métadonnées ne représente aux yeux de l’utilisateur que très peu de valeur, sauf si elles sont collectées et exploitées dans un contexte structurant comme par exemple sur FlickR où il est possible de parcourir les photos de la communauté en fonction de l’endroit où elles ont été prises (sur une carte du monde) ou en fonction du type d’appareil photo. Vous obtenez ainsi un très bon outil d’analyse du parc d’appareils photo numériques en circulation sans que les utilisateurs aient eu à saisir ces données, elle sont implicites (d’où la notion d’”implied metadata“).
Mais cela va plus loin avec les systèmes auto-apprenants qui sont capables de générer des métadonnées à partir de recoupements. Reprenons l’exemple de nos photos numériques : si vous souhaitez les classer en fonction des personnes qui sont prises en photo, il faut toutes les parcourir à la main pour mettre de côté celles qui vous intéressent. Sauf si vous avez recours à un logiciel de reconnaissance faciale qui va faire ce travail à votre place : vous lui donner 2 ou 3 exemples pour qu’il reconnaisse un visage et il vous propose ensuite une liste de suggestions à valider. C’est le principe mis en œuvre par iPhoto 09.
L’article de Tim O’reilly cite l’exemple d’un chauffeur de taxi en Nouvelle-Zelande qui a trouvé un façon très rentable d’exploiter les métadonnées implicites : ce dernier a enregistré pendant 6 semaines un certain nombre de données sur ses courses (nombre de passagers, coordonnées GPS des points de départ et arrivée, conditions climatiques, horaires…), en a fait une compilation puis une analyse afin de déterminer les quartiers le plus rentables en fonction de l’heure de la journée.
Les métadonnées implicites comme facteur de croissance du C.A., une belle promesse, non ? Et il est possible de trouver de nombreux autres domaines d’application grâce aux données potentiellement fournies par des capteurs (votre téléphone ou n’importe quel objet équipé d’une puce RFID ou ZigBee peut faire l’affaire). Il en va de même pour les compteurs intelligents qui vont remonter des données très précieuses sur les habitudes de consommation des foyers (notion de “Smart Electric Grid” possible car chaque appareil émet une signature électrique unique). Ce type d’équipement permet ainsi à votre fournisseur d’énergie de mieux anticiper la consommation (et donc son approvisionnement) ainsi que de vous faire des recommandations pour optimiser votre facture.
Bien évidemment tout ceci est encore en train de se mettre en place mais il semblerait qu’une norme commune soit déjà en train d’émerger : MQTT, un protocole pour standardiser les communications de machine à machine (cf. MQTT Poised For Big Growth – an RSS For Internet of Things?).
L’auteur nous met néanmoins en garde contre l’accumulation de ces données et les problèmes d’exploitation qui peuvent en découler : ce sont des données brutes, elles doivent être traitées et présentées de façon adéquate pour être compréhensibles et représenter une réelle valeur. D’où l’importance de systèmes de visualisation suffisamment souples et intuitifs pour permettre une manipulation aisée. Des services comme Gap Minder nous montrent ainsi la voie : mettre à disposition des données brutes (Ex : Data.gov) et fournir les outils pour les manipuler et en tirer du sens.
Information Shadow : des infos pour chaque objet, personne, lieu…
Autre notion importante, celle d’Information Shadow qui décrit l’ensemble des informations et données associées à un objet, une personne, un lieu, un événement… Ces informations sont disponibles n’importe où (data-on-the-cloud), il suffit juste d’avoir le bon lecteur pour les visualiser. Prenons un exemple que vous connaissez tous : le code barre. En passant un scanner dessus, vous obtenez la désignation, le prix… Même principe pour les mobile tags et autres flashcodes qu’il suffit de prendre en photo avec votre téléphone pour obtenir des infos complémentaires (cinémas les plus proches et horaires pour un film, ressources complémentaires pour un article…). Nous n’en croisons pas beaucoup pour le moment mais attendez-vous à une montée en puissance très rapide grâce notamment à des lecteurs universels comme le BeeTagg Multicode Reader ou à l’impulsion de gros acteurs comme Microsoft avec son Tag.
Autre possibilité et pas des moindres, le recours à des applications de réalité augmentée en situation de mobilité comme celle que propose Layar : en regardant le monde au travers de la caméra de votre téléphone, vous avez accès à une multitude de couches de données supplémentaires qui viennent enrichir la réalité.
Ce ne sont que des exemples et encore une fois les domaines d’application sont nombreux, de même que les supports.
Real-Time Web : informations et interactions sociales en quasi temps réel
Autre phénomène majeur de ces derniers mois, l’avènement du web temps réel avec notamment les outils de microblogging comme Twitter. L’idée derrière cette notion est que les outils mis à la disposition de la foule (accessibles au travers d’un ordinateur ou de terminaux mobiles) permettent l’émergence d’une conscience collective qui réagit en quasi temps réel aux événements extérieurs. Le facteur le plus important dans ce web en temps réel est la remontée d’informations ultra- fraiches directement sur le terrain, comme par exemple lors des dernières manifestations en Iran.
Cela fonctionne aussi bien pour les news que pour les événements (tweets lors de conférences, concerts ou défilé du 14 juillet), pour le marketing (avec des outils de monitoring de la statusphère), pour les interactions sociales avec des solutions de syndication en temps réel comme Echo (cf. Vers des commentaires distribués pour les blogs ?).
Bref, l’échelle de temps est de plus en plus courte et cela s’applique d’autant mieux sur des plateformes sociales à grande échelle. Il y a à ce sujet une théorie très intéressante autour du Synaptic Web (en référence aux synapses qui relient les neurones entre eux) qui décrit les plateformes sociales de type Facebook ou Twitter comme des cerveaux “sociaux” où les membres (les neurones) interagissent en très grand nombre et avec des temps de réaction toujours plus courts (RT, commentaires, notes…). Bref, c’est de l’intelligence collective en quasi temps réel, le tout étant de trouver les bons outils de surveillance / interprétation des ces échanges (pour faire le tri entre bruit et signaux).
Data Ecosystems : des bases de connaissances structurées, ouvertes et universelles
Dernière grosse notion du Web² : les écosystèmes de données qui permettent de relier entre elles des bases de connaissances qui étaient auparavant cloisonnées. Pour comprendre le fonctionnement de ces Data Ecosystems, il me faut d’abord vous expliquer deux notions sous-jacentes : les Linked Data et les Data Sets.
Le terme Linked Data est utilisé pour décrire une méthode de partage et de connexion de données entre elles. Jusqu’à présent, pour relier deux données entre elles il fallait faire un lien depuis une donnée A vers une donnée B avec une URL (ex : Un clic sur ce lien ‘Fred Cavazza‘ mène à mon profil sur LinkedIn). Cette forme de connexion présente de nombreuses contraintes car elle est trop formelle et surtout limitée (un lien ne permet de relier entre elles que 2 données). C’est à la fois très puissant pour les utilisateurs (qui sautent de pages en pages) mais très pauvre pour les machines et agents intelligents (qui doivent parcourir le web dans tous les sens pour lier un grand nombre de données entre elles). L’idée derrière les Linked Data est de proposer un mécanisme plus souple et surtout plus puissant qui repose sur 4 principes :
Utiliser des URIs et non des URLs (un identifiant unique bien qui autorise de la granularité) ;
Utiliser des adresses http pour un accès universel (aussi bien pour les utilisateurs que pour les machines) ;
Structurer les informations sur la ressource à l’aide de métalangage comme RDF ;
Lier ces informations à d’autres données (via des URIs).
Dans les faits : vous avez un article qui parle de Berlin, vous pouvez soit mettre un lien URL sur le mot Berlin qui pointe vers la page Wikipedia (utile pour les utilisateurs mais par pour les machines car ce sont des informations non-structurées), soit mettre un lien URI qui pointe vers les Linked Data de Berlin (avec des données structurées très utiles pour les machines mais bien trop dures à lire pour les utilisateurs).
Ne vous y trompez pas : les Linked Data ne sont pas l’avenir du web semantique, c’est “simplement” une façon de sémantiser le web. Mais je ne voudrais pas m’enliser dans des explications complexes sur les subtilités entre Linked Data et Semantic Web.
Les Data Sets sont des groupes de données qui sont connectées entre eux (les groupes). Pour faire simple : IMDB est une gigantesque base de données sur l’industrie du cinéma, par contre elle n’est pas nécessairement ouverte à l’extérieure (il faut avoir un compte premium il me semble). Les Data Sets sont des bases de données qui sont liées entre elles grâce aux Linked Data, chaque donnée enrichit les autres et multiplie ainsi la valeur du tout. Fabrice Epelboin donne une très belle métaphore dans son article : « Les données étaient autrefois enfermées, comme des fleurs dans des serres. Ce que l’on propose ici, c’est de les faire pousser en plein air, de façon à ce qu’une multitude d’abeilles non seulement se chargent de la polénisation pour le compte des fleuristes, mais qu’on puisse créer du miel et la profession d’apiculteur ».
Bien évidemment cela représente un chantier titanesque mais les travaux progressent à grand pas, notamment sous l’impulsion de Sir Tim Berners Lee dont vous pouvez voir ici une présentation parlant des Linked Data au TED :
L’objectif des Data Ecosystems est donc de créer de gigantesques bases de bases de données, ou plutôt une méta base de données qui les regroupe toutes :
L’idée étant que l’on puisse créer de la valeur en liant des données de différents horizons (médicales, culturelles…). Signalons ainsi des initiatives remarquables comme :
dbPedia, une communauté qui se charge de structurer les informations de Wikipedia en données “compatibles” avec Linked Data (regardez donc le cadre à droite de certaines fiches, les infobox, ce sont des données tructurées) ;
Jamendo, une plateforme musicale entièrement en Creative Commons qui a publié son catalogue sous forme de Data Sets / Linked Data (exploitables avec dbTunes).
Ce ne sont que quelques exemples mais ils témoignent de l’ampleur de la tâche et de l’engagement des membres.
Vous l’aurez donc compris, le web sémantisé n’est pas pour tout de suite mais les différents grands acteurs se mettent en rang pour terminer cette conversion au plus vite. Linked Data et Data Sets ne sont qu’un exemple d’initiatives concourant à la création de Data Ecosystems mais il en existe d’autres comme par exemple le format CommonTag qui vise à standardiser l’utilisation des tags (cf. Common Tag apporte un standard aux métadonnées).
Pourquoi parler du Web Squared ?
Tout simplement parce qu’il est inimaginable de penser évangéliser le marché avec des termes jargonnant comme Information Shadow, Linked Data, Implied Metadata… il faut employer un terme simple qui puisse aider le commun des mortels à comprendre que nous sommes en train de vivre une nouvelle bascule (tout comme cela a été le cas avec le Web 2.0).
Je suis persuadé que nous sommes pratiquement arrivé au bout de ce que le web peut nous offrir en terme de partage de documents / contenus de même que pour les interactions sociales. Il existe encore de nombreux services et domaines d’application à trouver dans ces deux domaines mais nous avons déjà fait le plus gros. Nous sommes déjà en train de vivre la prochaine grosse itération du web : le web en temps réel, la réalité augmentée, les objets communicants, les écosystèmes de données sont des innovations en cours de maturation qui vont complètement bouleverser notre façon de communiquer, consommer, travailler, nous divertir… Bref, un nouveau paradigme des usages du web.
Pour marquer cette itération, nous avons besoin d’éduquer le marché (utilisateurs, annonceurs, opérateurs, pouvoirs publics…) et pour cela il faut pouvoir capitaliser sur un terme simple : le Web² (Web Squared).
Et maintenant ?
Maintenant tout reste à faire ! Ou plus précisément le travail d’évangélisation ne fait que commencer. Je vous engage ainsi à vous familiariser avec ces différentes notions et de prendre le temps d’en tester les applications pour bien appréhender la (r)évolution qui approche.
Lu dans la Lettre ParisMix, Musique et Innovations www.parismix.fr
Newsletter n°9 : 04/09/09
La vente de musique enregistrée sur support physique : « même pas morte ! »
Selon le SNEP, avec un chiffre d’affaire (CA) de 118,7 millions d’euros réalisé au premier trimestre 2009, le marché de la musique enregistrée français perd 16,4 % de sa valeur par rapport au premier trimestre de l’année précédente ; le marché physique enregistre une baisse de 18,5 % avec un CA de 101 millions d’euros et le marché numérique enregistre une baisse de 1 % avec un CA de 17,6 millions d’euros. Rien d’étonnant, dira-t-on, concernant le marché physique qui continue inéluctablement un déclin vers sa mort annoncée. Cependant, la baisse sensible du marché numérique interpelle et pourrait presque décourager certains professionnels réorientés vers la distribution dématérialisée de la musique. Mais y regarder de plus près, on constate que cette baisse a priori inattendue cache avant tout un changement dans le choix des consommateurs et ne semble pas remettre en cause le développement de la vente dématérialisée.
Cette baisse a en réalité pour origine la chute vertigineuse de 46 % des ventes sur téléphone mobile des sonneries, titres musicaux, vidéos, logos et autres fonds d’écran représentant des artistes (5,3 millions d’euros contre 9,9 millions d’euros au premier trimestre 2008). En revanche, dans le même temps, les ventes en téléchargement internet ont représenté 8 millions d’euros soit une hausse de 13 % et, grâce aux revenus publicitaires, les revenus des offres en streaming ont doublé avec un chiffre de 1,2 millions d’euros et ceux des abonnements ont représenté 3,1 millions d’euros soit 11 fois plus qu’au premier trimestre 2008.
Si les achats de musiques dématérialisées continuent progressivement à prendre du terrain sur le physique, 2009 n’est pas encore la dernière année du CD. En effet, près de 80 % des revenus sont encore générés par le physique. Comme le signale Alan Gac, Directeur Général du Label Cinq-7 (The Do, Dominique A…), « le CD n’est certainement pas l’avenir, mais il reste une base indispensable. Dans cinq à dix ans, le physique ne représentera peut-être plus que 20% des ventes. Mais il n’y aura pas de rupture, c’est une transition. » Mieux, avec Universal, il semble que le support CD n’ait pas dit son dernier mot. La plus grande Major, qui avait pour habitude de réduire au maximum les coûts de fabrication de ses CDs élargie sa stratégie en s’associant avec le magazine ELLE pour le prochain album de Mariah Carey avec la sortie d’un CD doublé d’un magazine 34 pages.
Ce nouveau format permet à Universal de redonner de la valeur au CD et permet de justifier un prix plus élevé. Selon Hugo Amsellem, producteur manager chez Open Disc, « même si les ventes sont moins importantes, la valeur ajoutée forte de ce support permet de marger de façon plus importante en ciblant avant tout les fans de la Diva, beaucoup plus enclins à dépenser plus pour avoir plus (…), le but est désormais d’industrialiser le process de ce type d’opération, de créer des partenariats durables avec les entreprises intervenant dans la fabrication et la distribution de ce support et baisser les coûts du magazine pour permettre de répliquer ce modèle à de plus modestes artistes ». L’approche développée par Universal se base ainsi à la fois sur la manne des revenus publicitaires censés rembourser les coûts de production de l’album, sur le renforcement de l’univers de l’artiste associé à l’image prestigieuse des annonceurs et sur une distribution diversifiée et innovante permettant au CD d’être vendu en kiosque via le magazine.
Au-delà du CD érigé en martyr de la dématérialisation de la musique, d’autres supports physiques persistent ou se développent encore. De façon anecdotique, on notera, selon Nielsen Soundscan (cabinet américain de mesure des ventes de musique aux Etats-Unis), qu’avec 1,88 millions d’unités vendues en 2008 le marché du vinyle réalise un record inégalé Outre-Atlantique depuis 1991. Enfin concernant le développement de nouveaux supports, on observe de nombreuses initiatives basées sur l’utilisation des clés USB. On remarquera par exemple la stratégie des Bubblies, groupe de pop-rock toulousain, qui propose leur dernier album « Bubblegum Explosion » et de nombreux bonus sous format de clé USB musicale réenregistrable ou encore le service proposé par la société allemande Music Networx qui parie sur la possibilité de vendre sur clé USB les « lives » aux spectateurs dès la sortie de la salle de concert. La société française Record Memory qui propose le même service que Music Networx, travaille également en collaboration avec les majors, ou directement avec les groupes, à la réalisation de clés USB customisées, riches en contenus audiovisuels, sous la forme d’accessoires de mode (bracelet, briquets, stylos…). La stratégie peut être soit de créer des objets très accessibles (de 3 à 5 euros) afin de toucher un maximum de personnes ou de créer de la valeur en générant des objets rares comme des clefs USB Louis Vuitton serties de diamants.
Si ces nouveaux supports physiques risquent de vivre des cycles de vie très courts, leurs développements renvoient à la nécessité de créer un lien entre un artiste et un public, voire entre les fans eux-mêmes. Certains entrepreneurs et acteurs de l’industrie musicale l’ont bien compris, et proposent désormais pléthores d’éditions limitées et « collector », des bonus et des contenus exclusifs sur de nouveaux supports. Il n’en reste pas moins que l’écart entre ventes physiques et dématérialisées se réduit. Ce phénomène est d’ailleurs plus rapide aux Etats-Unis où les ventes en lignes augmentent significativement de trimestre en trimestre. Selon une étude de NPD Group, elles représentaient en 2008 35% des ventes totales contre 20% en 2007. Aussi, dans la mesure où le consommateur sera toujours prêt à dépenser de l’argent sur la valeur ajoutée, il ne s’agit pas de se préparer à l’ère du « tout numérique » et du « tout dématérialisé », mais de s’accoutumer à une ère « d’hybridation des modèles », où les acteurs de la filière devront sans cesse se remettre en question et où l’objet support de musique aura encore de l’avenir…
Chiffres clés :
- Avec un chiffre d’affaire de 118.7 millions d’euros réalisé au premier trimestre 2009, le marché de la musique enregistrée français perd 16,4 % de sa valeur par rapport au premier trimestre de l’année précédente.
- Sur cette même période, le marché physique français enregistre une baisse de 18.5 % et le marché numérique une baisse de 1 %.
- En France, 80 % des revenus sont encore générés par le physique.
- Avec 1,88 millions d’unités vendues en 2008 le marché du vinyle réalise un record inégalé Outre-Atlantique depuis 1991.
- En 2008, aux Etats-Unis, les ventes en lignes représentent 35% des ventes totales contre 20% en 2007.
Lu dans la Lettre de l’Atelier Publié le 31 Aout 2009
L’habitation comprend le comportement de ses hôtes
Les personnes âgées sont sujettes à des trous de mémoire qui peuvent gâter leur quotidien. Un système intelligent analyse leurs actions et leur rappelle les oublis éventuels.
L’un des maux les moins acceptables de la vieillesse concerne la dépendance accrue qu’elle provoque tôt ou tard. Un système intelligent se propose de réduire cette dépendance en parant aux éventuels trous de mémoire que connaissent quotidiennement bon nombre de personnes âgées. Une équipe de chercheurs de l’université de Grenade ont en effet mis au point un système intelligent qui rappelle aux seniors les petites actions qu’ils auraient pu négliger. Comme oublier leurs clés ou omettre de prendre leurs médicaments, par exemple. Le système utilise des senseurs répartis dans le domicile qui repèrent leurs actions et des appareils mobiles qui servent à communiquer avec la personne si le besoin s’en fait sentir.
Marqueurs radio et Intelligence Artificielle
Le système reconnaît les actions quotidiennes à l’aide de puces RFID*. Ces étiquettes sont directement placées sur les objets que les habitants concernés touchent le plus souvent, de manière à ce qu’un signal soit envoyé lors de chaque contact à un ordinateur ou à un appareil mobile. Celui-ci pourra être situé directement dans la maison ou dans un centre d’assistance un peu plus loin. Des techniques d’Intelligence Artificielle sont utilisées pour évaluer les activités des individus et les établir des liens logiques comme se rappeler de prendre son téléphone ou ses clés avant de sortir. Ces techniques concernent l’exploration de données ou la grammaire générative.
Un système non intrusif
Il n’est donc pas nécessaire d’utiliser de caméras ou de microphones. «C’est un prototype qui permet, de manière non intrusive, de faciliter le contrôle des personnes avec des besoins spécifiques et d’accroître leur indépendance », explique le docteur María Ros Izquierdo, coauteur de l’étude. De même, le système n’induit aucune complication d’ordre technologique pour les sujets concernés. En fait leur quotidien ne se trouve que très peu affecté par la mise en place du système, si ce n’est par les bénéfices qu’il peut apporter. Ces bénéfice sont particulièrement ressentis par les personnes qui accompagnent les personnes dépendantes en les déchargeant de l’essentiel de ces rappels routiniers.